La taille idéale pour un Conseil d’administration

La nécessité d'avoir un chiffre pair ou impair

 Équipe ConseilPourquoi pas 8 ?

Parlons tout d'abord de la question du chiffre impair. Il n'y a pas d'obligation à ce que le nombre de personnes au Conseil d'un organisme sans but lucratif soit composé d'un nombre impair d'administrateurs. Cette légende vient surtout de la logique qu'il est important d'avoir un nombre impair pour éviter d'être bloqué dans une égalité lors des votes. Or, même avec un chiffre impair aux règlements généraux, qu'arrivera-t-il si une personne s'absente? Ou encore si un administrateur s'abstient de voter? Ces exemples de situations illustrent que la question du nombre pair ou impair d'administrateurs n'est pas en soi un enjeu.

Quoique plusieurs organisations passent rarement au vote en Conseil, il existe malgré tout différents mécanismes pour faire face à une telle égalité. La plus sujette aux discussions est la disposition qui permet au président d'avoir un vote prépondérant. Selon la réglementation de l'organisation, le vote du président peut prendre différentes formes : soit qu'il ne vote pas, sauf s'il y a égalité des voix; soit qu'il puisse exercer son droit d'administrateur normal et qu'il bénéficie d'un deuxième vote en cas d'égalité des débats.

Ces approches de vote prépondérant sont à éviter dans un contexte de travail d'équipe, puisqu'elle place le président dans une situation où il aura à déplaire à la moitié des administrateurs en prenant partie pour l'une ou l'autre des options.

Dans un contexte de saine gouvernance, il est alors recommandé d'utiliser une autre approche : que le président ait toujours son droit de vote, mais qu'un mécanisme prévu dans la réglementation indique que, en cas d'égalité, le statu quo prévaut.

Taille du ConseilSi le conseil est divisé 50/50 sur une question, c'est que la réflexion n'est pas suffisante

La résolution n'est peut-être pas adéquate et complète parce que tous les éléments n'ont pas été analysés ou parce que les débats ne sont pas terminés. Puisque le Conseil est une équipe, il est préférable de ne pas changer la situation immédiatement, quitte à le faire dès la prochaine réunion, après réflexion et informations complémentaires. De plus, imaginez que l'organisation compte des centaines de membres et que le Conseil soit divisé sur une question. Ne serait-il pas judicieux de viser autant que possible une solution ciblant un plus large consensus afin d'augmenter les chances de satisfaire la majorité des membres de l'organisation?

Trop, c'est comme pas assez !

Voyons maintenant la question du nombre. Le nombre idéal est celui qui permet au conseil d'administration de former une véritable équipe. Si nous faisons la comparaison avec le sport, il y en a très peu qui comptent plus de onze joueurs. En fait, il y a beaucoup plus de sports comportant cinq ou six joueurs sur le terrain par équipe qu'il n'y en a avec plus de dix joueurs. Pourquoi?

Parce que pour « former une équipe » rapidement il faut développer une synergie suffisante pour que tous œuvrent vers le même but.

Comme la 2e prémisse de la Gouvernance Stratégique® le propose, « l'apport des administrateurs doit constituer une valeur ajoutée à l'ensemble organisationnel ». Chacun apporte au Conseil des talents, mais plus le nombre d'administrateurs augmente, plus il y est difficile d'obtenir cette coordination essentielle à l'atteinte de l'objectif. Ainsi, lorsque la composition du Conseil est bien établie, la présence de chaque administrateur (chaque joueur) devient essentielle et pas seulement le quorum. Or, plus le nombre d'administrateurs sera élevé, plus il sera difficile de coordonner les horaires pour tenir des réunions sans absence. Plus il sera difficile de concilier les points de vue différents, plus les délibérations seront longues et plus grandes sera la démotivation ainsi que la frustration.

Même si le minimum requis par la Loi au Québec est de trois, le chiffre optimum au Conseil d'une association efficace malgré son envergure se situera entre sept et onze administrateurs (de cinq à douze personnes étant les limites s'ajustant aux natures différentes des organisations). En dessous de ce nombre, on peut se questionner sur la crédibilité de l'organisme qui concentre son pouvoir administratif vers si peu de mandataires. Au-delà de ces chiffres, nous observons la création de structures tels que des comités décisionnels ou une dilution des rôles du Conseil qui nuiront un jour ou l'autre à une saine gouvernance.

Merci. Bonne gouvernance!

Marco Baron BAA | formateur et consultant

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Inspiration : Roméo Malenfant, Ph.D. partenaire exclusif et auteur de la Gouvernance Stratégique®